Cela faisait quelques mois que nous l’attendions cette éclipse, mais nous étions loin d’imaginer que nous allions la voir de la manière que nous l’avons vue, c’est-à-dire occultée par la brume et le brouillard selon les sites d’observation où nous nous trouvions en Belgique.
Pourtant, dans les jours qui ont précédé l’éclipse, les prévisionnistes météo nous annonçaient un ciel dégagé pour observer le phénomène. Les journaux télévisés relayèrent l’information en ajoutant que l’éclipse de Soleil serait  bien visible en Belgique dans un ciel bleu. De ce fait, les magasins vendant des lunettes d’observation des éclipses solaires furent pris d’assaut dans les 48 heures qui précédèrent l’éclipse. Et nous, les observateurs, avons connu une poussée d’adrénaline à l’idée de voir le phénomène.
Puis vint le 20 mars…
Au matin, vers 07.00 heure, avant de partir à l’observatoire de La Fosse à Manhay, en regardant les images satellites montrant la Belgique, je constatais que celle-ci était recouverte d’un superbe manteau blanc uniforme constitué de brumes et de brouillards. Seule la communauté germanophone semblait épargnée et semblait avoir la chance d’observer le Soleil dans un ciel bleu.
Etant optimiste quant à l’action du Soleil sur ces brumes et brouillards pour les dissiper, je pris la direction de La Fosse. Mais plus je m’approchais de Manhay où se trouve l’observatoire, plus le plafond nuageux était bas. Arrivé à 07.50 heure sur place, je ne voyais même pas les sapins qui se trouvaient à 50 mètres de l’observatoire. La visibilité était nulle….mais bon, il restait encore 1 heure 40 avant le début du phénomène.
Jean-Luc Mairlot était déjà sur place, et avait déjà installé sa lunette. Nous avons alors été rejoints successivement par Marc Tannier, Gaston Dessy (lequel installa sa lunette), et une vingtaine de curieux venus du village et des environs.
Pour tout vous dire, Gaston Dessy était venu vers 08.00 heure du matin dans le chemin se trouvant en contre-bas de l’observatoire et ne nous avait même pas vu tant le brouillard était épais. Il fut guidé jusqu’à nous par un villageois.
Le temps commença alors à s’égrainer sans que rien ne se passe de visible dans le ciel. Nous commencions cependant à apercevoir les sapins se trouvant à 50 mètres de nous. C’était bon signe, mais à 09.28 heure,  l’éclipse commençait sans que nous puissions l’admirer. Nous étions les témoins malchanceux de l’occultation de l’éclipse solaire par les brumes et brouillards terrestres.
A 10.09 heure, notre optimisme fut récompensé : le Soleil en partie éclipsé par la Lune commençait à apparaître. Pas besoin d’utiliser tous nos filtres solaires pour admirer le phénomène –même au télescope- car la couche de brume était suffisante pour masquer l’éclat du Soleil. Nous avons alors connu des périodes où le Soleil disparaissait quelques minutes pour réapparaître ensuite. Le principal pour nous fut que nous avons pu admirer le maximum sans aucun filtre. Nous pouvions donc voir le décor terrestre avec le Soleil éclipsé dans le ciel (avec les lunettes d’observation des éclipses solaire, il est impossible de voir le décor en même temps que le Soleil éclipsé).
Dans de telles conditions atmosphériques, il nous fut impossible de faire une séquence montrant minute après minute l’évolution de l’éclipse de Soleil car selon l’épaisseur de la couche de brume, nous devions constamment changer le temps de pose de nos appareils photographiques, et nous n’obtenions pas le même fond de ciel (parfois sous-exposé, parfois surexposé).
A 11.10 heure, le ciel se dégagea entièrement, nous obligeant à finalement mettre nos filtres solaires sur nos instruments.
Cette éclipse fut une belle expérience à vivre, mais personnellement, j’aurais préféré l’observer dans un ciel bleu. Je ne dois pourtant pas me plaindre car peu de belges ont eu le privilège d’observer l’éclipse depuis notre plat pays.
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